Livres et PDF


L’infokiosque est un moyen d’action politique qui vise à la diffusion de brochures et de textes et qui réunit diffèrentes personnes à différents moments. Il existe de nombreux infokiosques partout dans le monde, éphémères ou durables, et plusieurs d’entre eux ont mis leurs documents en commun sur infokiosques.net. L’infokiosque est ouvert aux propositions de nouveaux textes ou d’illustrations. Suggérer ou apporter quelques mots, c’est déjà participer activement. Être là pour déplacer un stock de brochures ou mettre en place une table accueillante suffit à faire exister un infokiosque. L’infokiosque vise aussi à former à la production collaborative de nouvelles brochures. Par des rencontres, des discussions, de l’écriture et de la mise en page, l’infokiosque participe au débat d’idées dans l’espace public.




La guerre des métaux rares

 

Transition énergétique, révolution numérique, mutation écologique… Politiques, médias, industriels nous promettent en choeur un nouveau monde enfin affranchi du pétrole, des pollutions, des pénuries et des tensions militaires. Cet ouvrage, fruit de six années d’enquête dans une douzaine de pays,nous montre qu’il n’en est rien!

 

En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance : celle aux métaux rares. Graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène, terres rares… ces ressources sont devenues indispensables à notre nouvelle société écologique (voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires) et numérique (elles se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien). Or les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance pourraient se révéler encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole.

 

Dès lors, c’est une contre-histoire de la transition énergétique que ce livre raconte – le récit clandestin d’une odyssée technologique qui a tant promis, et les coulisses d’une quête généreuse, ambitieuse, qui a jusqu’à maintenant charrié des périls aussi colossaux que ceux qu’elle s’était donné pour mission de résoudre.

Journaliste pour Le Monde Diplomatique, Géo ou National Geographic (il est notamment lauréat de l’édition 2017 du Prix Erik Izraelewicz de l’enquête économique, créé par Le Monde), Guillaume Pitron signe ici son premier ouvrage. La géopolitique des matières premières est un axe majeur de son travail. Il intervient régulièrement auprès du parlement français et de la Commission européenne sur le sujet des métaux rares.


De la démocratie à la liberté

 

La différence entre le gouvernement et l'autodétermination

La démocratie est l'idéal politique le plus universel de nos jours. George Bush l'invoquait pour justifier l'invasion de l'Irak; Obama a félicité les rebelles de la place Tahrir pour l'avoir apporté en Egypte; Occupy Wall Street a prétendu avoir distillé sa forme pure. De la République populaire démocratique de Corée du Nord à la région autonome du Rojava, pratiquement tous les gouvernements et mouvements populaires se disent démocratiques.

Mais qu'est-ce que la démocratie, précisément? Existe-t-il un fil commun qui relie toutes ces variantes? Et chacun d'entre eux peut-il tenir ses promesses?

Dans cette évaluation critique, nous retracons la démocratie de ses origines classiques à son ascendance actuelle dans le monde entier. Nous examinons comment le discours démocratique a servi les récents mouvements sociaux aux États-Unis, en Espagne, en Grèce, en Bosnie, en Slovénie et ailleurs dans le monde. Nous concluons en demandant ce que signifierait rechercher la liberté directement plutôt que par la démocratie.


Travail

 

capitalisme, économie et résistance.

Après tant de progrès technologiques, pourquoi devons-nous travailler plus que jamais? Comment se fait-il que plus nous travaillons, plus nous sommes pauvres par rapport à nos patrons? Lorsque l'économie s'écrase, pourquoi les gens se concentrent-ils sur la protection de leur emploi alors que personne n'aime travailler? Le capitalisme peut-il survivre à un autre siècle de crises?


Les enfants du chaos

 

Tel un trou noir dans l'univers, l'incendie qui ravage le Moyen-Orient, et la France depuis 2015, au nom du " djihad " menace-t-il d'aspirer les désillusions politiques et les révoltes désespérées de la génération qui vient ? La " radicalisation de l'islam " est-elle seule à l'origine de ce drame et des actions terroristes qui surviennent dans le monde entier ? 

Pour répondre à ces questions, cet essai grave et incisif propose de déplacer et d'élargir les cadres d'explication habituels.

" Il n'y a que les martyrs pour être sans pitié ni crainte et, croyez-moi, le jour du triomphe des martyrs, c'est l'incendie universel. " Cette sombre prophétie de Jacques Lacan en 1959 décrirait-elle le monde des années 2010 ? Les guerres qui ravagent le Moyen-Orient menacent-elles d'aspirer toutes les désillusions politiques et les révoltes désespérées de la génération qui vient ? La " radicalisation de l'islam " est-elle à l'origine de ce drame et des actions terroristes dans le monde entier ? 

Pour répondre à ces questions, Alain Bertho déplace les cadres d'explication habituels. Il montre que le chaos qui pointe est très loin d'avoir le djihad pour seul moteur : c'est d'abord l'ébranlement de la légitimité des États par la mondialisation, la crise généralisée de la représentation politique, la recherche d'une légitimité sécuritaire par les puissants qui ont fait le lit de la violence du monde. Et qui expliquent pourquoi, depuis les années 2000, se multiplient sur tous les continents des émeutes et des attentats aux motivations multiples, dont l'auteur brosse ici un tableau saisissant. 

Quand la fin du monde semble à nombre de jeunes plus crédible que la fin du capitalisme, la révolte tend à prendre les chemins du désespoir et du martyre. La clôture de l'hypothèse révolutionnaire a ainsi ouvert la voie à la rage des enfants perdus du chaos politique et humain de la mondialisation néolibérale. Toutes les polices et les armées du globe ne pèseront guère devant cette fascination de la mort. Seul peut y répondre l'espoir collectif en un autre possible, fondé sur une nouvelle radicalité tournée vers l'avenir. Ses prémisses sont là, partout dans le monde. L'enjeu est de les faire grandir.


Le temps des émeutes

 

Il y a eu l'automne 2005 et les banlieues françaises en flammes. Il y a aujourd'hui la crise et un vent de révolte qui semble ne pas faiblir. Et entre-temps, la Guadeloupe, les émeutes de la faim, le Tibet, Athènes, l'Iran... Ce livre vient mettre des mots sur des images de plus en plus fréquentes sur nos écrans, peu commentées et rarement mises en relations. Le retour chronologique sur les quarante dernières années démontre la nouveauté et l'ampleur de ce phénomène qui s'impose chaque mois un peu plus dans le monde entier. Il est temps de s'interroger sur le sens profond et peut-être commun de ces émeutes qui éclatent aux quatre coins de la planète, au sein de pays et de régimes politiques radicalement différents et selon des modes de protestation semblables. Lire attentivement ce que toutes ces explosions de colère nous disent de notre époque, de notre monde, de la globalisation et de la crise


Défendre la zad

 

 

À l’automne 2015, le gouvernement a annoncé que démarreraient au plus vite les travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il a martelé sa volonté d’expulser la zad de l’ensemble de ceux qui l’habitent et la cultive. Avec les efforts conjugués des tractopelles de Vinci et des grenades de la gendarmerie, il entend tenter, une fois encore, « dès que possible », de venir à bout de tout ce qui pousse et vit dans ce bocage.

C’est pourquoi nous avons voulu dès que possible faire paraître ce petit livre, éclaireur et annonciateur d’un livre à venir, pour appeler partout à défendre la zad et, à travers elle, tout l’espoir contagieux qu’elle contient dans une époque plombée.

La conviction qu’il est possible d’arrêter les projets destructeurs de ceux qui prétendent nous gouverner et de se libérer du joug de l’économie. L’aspiration à inventer ici et maintenant d’autres manières d’habiter le monde, pleines et partageuses. Cet espoir s’ancre dans une histoire commune, riche des élans de dizaines de milliers d’insoumis et de liens indéfectibles soudés par le temps. Cette brève nouvelle politique invoque quelques fragments décisifs de cette aventure, comme autant de conjurations face à la menace et de repères éclatants pour l’avenir.


Camarade Lune

 

Barbara Balzerani a été l'une des rares femmes membres des dirigeants des Brigades rouges. Dans l'enceinte de la prison haute sécurité où elle a été incarcérée pendant de nombreuses années, elle a eu tout loisir de réfléchir à son parcours, à ses origines, de réexaminer les réflexions politiques et les questionnements philosophiques qui l'ont conduite à un tel engagement. C'est ce qu'elle fait dans cet ouvrage incontestablement autobiographique où elle développe un style narratif extrêmement personnel qui lui permet de combiner monologue intérieur, introspection et analyse affûtée et lucide du contexte politique agité des années 70. Un portrait de femme juste, bouleversant et poétique en même temps qu'un témoignage de l'intérieur de la période des années de plomb, qui a radicalement changé l'histoire de l'Italie contemporaine.


La Révolution libertaire

 

Philosophes du socialisme naissant, fondateurs des premiers groupes anarchistes, Proudhon, Bakounine et Kropotkine furent des révolutionnaires déterminés, comme le montrent les biographies présentées dans ce livre. Authentiques penseurs et hommes d'action, ils ont joué chacun en leur temps un rôle éminent dans l'organisation des luttes internationales contre l'oppression religieuse, la dictature politique et l'exploitation économique. Réunis par thèmes pour la première fois, 140 textes de ces trois auteurs peuvent être lus comme les éléments à la fois originaux et complémentaires d'une pensée philosophique et politique solidement construite. Redonner à lire, en ce début de XXI e siècle, la cohérence et la radicalité de la réflexion des fondateurs du communisme libertaire; recréer les conditions d'un dialogue constructif entre tous les courants désireux de rassembler leurs forces pour construire une alternative crédible au capitalisme contemporain; tels sont les objectifs théoriques et pratiques de cet ouvrage.


Reflexions écoféministes 

 

Le 3 octobre dernier, les Éditions du remue-ménage ont publié Faire partie du monde, un livre sur l’écoféminisme. C’est un collectif, un recueil de textes, écrit par plusieurs féministes sous la supervision de Marie-Anne Casselot et de Valérie Lefebvre-Faucher. Les autrices nous offrent une vision globale, quoique limitée au contexte nord-américain, de l’écoféminisme. C’est une bonne introduction pour quelqu’un qui ne connaît rien au mouvement ou qui s’intéresse à l’écologie.

 

Tout d’abord, c’est quoi l’écoféminisme? Son nom le dit, c’est l’union entre l’écologie et le féminisme. Mais encore? Comme l’explique bien Marie-Anne Casselot au premier chapitre, ce n’est pas un mouvement homogène. Il existe plusieurs branches militantes et théoriques qui sont présentes partout dans le monde. Toutes ont comme prémisse de base « qu’il existe des liens structurels entre la domination patriarcale et la dégradation des écosystèmes. » (Casselot, 2017, p.20). Les écoféministes sont de toutes les cultures et luttent sur tous les fronts: agriculture, éducation, droit des animaux, souveraineté alimentaire, industries polluantes, etc. Le but du recueil est de justement faire une mise en commun entre différentes féministes, pour voir ce sur quoi elles se rejoignent et ce sur quoi elles s’éloignent.

 


L'anarchie expliquée a mon père

 

 

Qu’est-ce que l’anarchie et que veulent les anarchistes ? Un humaniste curieux et désireux de comprendre interroge son fils, un militant anarchiste qui s’est penché sur le sujet.

 

Au fil de leur dialogue, les deux hommes remontent aux racines des notions d’anarchie et de démocratie. Ils évoquent certaines figures de l’anarchisme et les différents courants de ce mouvement révolutionnaire, tout en illustrant leurs propos d’exemples tirés du monde d’aujourd’hui. Ensemble, ils analysent la critique anarchiste des grands systèmes de domination – l’État, la religion, le patriarcat, le capitalisme et le racisme – et offrent ainsi une initiation vivante et originale à l’anarchie.


L'ordre moins le pouvoir 

 

Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un partisan du chaos. Or, il faut bien le dire : rien n'est plus faux. Et ce contresens résulte de décennies de confusion savamment entretenue autour de l'idée d'anarchisme. En première approximation, disons que l'anarchisme est une théorie politique au cœur vibrant de laquelle loge l'idée d'anti-autoritarisme, c'est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d'autorité et de pouvoir. Une vieille dame ayant combattu lors de la guerre d'Espagne disait le plus simplement du monde: "Je suis anarchiste: c'est que je n'aime ni recevoir ni donner des ordres." On le devine: cette idée est impardonnable, cet idéal inadmissible pour tous les pouvoirs. On ne l'a donc ni pardonné ni admis.


COMMUNISATION : LE DÉCLIN SÉNILE DE L’ANARCHIE

 

Ce texte, traduit en anglais et diffusé en juin 2015 sur Inter Arma, a été écrit par les membres emprisonnés de la Conspiration des cellules de feu en Grèce. C’est un fragment d’un pamphlet nommé « FAI reloaded » jamais publié.

 

Extrait: "Même l'économie, qui est au centre de la fastidieuse analyse communiste pour nous n'est pas une série de nombre ordonné menant à l'équation de la lutte des classes. À la place, l'économie est premièrement et principalement une relation hiérarchique sociale parlant le langage de l'argent. L'argent est un symbole de pouvoir accumulé, c'est le titre de propriété qui possède les objets, le temps, l'admiration, les relations, les gentes. Le défi anarchiste, à partir de là, ne peut être piégé dans des revendications pour un "meilleur salaire", "des taxes plus basses", ou des "égalités économiques"... Nul ne peut détruire l'idée de la propriété en la rendant égale et uniforme pour toutes. L'expérimentation du régime communiste autoritaire a engendré des monstres, des dictateurs du prolétariat et des sujets obéissants. Nul ne peut exorciser la laideur avec une nouvelle laideur, changeant simplement son nom en quelque chose de plus social, et en imaginant qu'à travers la "lutte" anti-capitaliste le pays ne deviendra pas une "colonie moderne"."

 

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L'appel constant du nationalisme 

 

Attaque en règle de toutes les formes de nationalisme, y compris de gauche. Par Fredy Perlman en 1984.

 

"Les nationalistes gauchistes ou révolutionnaires insistent pour dire que leur nationalisme n’a rien en commun avec le nationalisme des fascistes ou des nationaux-socialistes, que le leur est celui des opprimés, qu’il offre une libération autant personnelle que culturelle. (...) Le nationalisme continue d’attirer les plus démunis car les autres perspectives leur semblent bouchées. (...) Pour les descendants des persécutés, il n’y a pas la moindre raison pour eux de continuer à être persécutés quand le nationalisme leur offre l’espoir de devenir des persécuteurs.

 

Les proches ou lointains parents des victimes peuvent devenir un État-nation raciste ; ils peuvent eux-mêmes rassembler d’autres gens dans des camps de concentration, persécuter les autres à volonté, perpétrer des guerres génocidaires contre eux, se procurer du capital préliminaire en les expropriant. (...) Chaque population opprimée peut devenir une nation, un négatif photographique de la nation de l’oppresseur, un endroit où l’ancien petit employé est le gérant du supermarché, où l’ancien gardien de sécurité est le chef de police. En appliquant la stratégie corrigée, chaque gardien de sécurité peut suivre le précédent établi par les gardes prétoriens de la Rome antique."

 

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Nous ne voulons plus attendre

 

Voici ma première tentative de mettre des mots sur des envies et des actes, de participer à la diffusion d’idées-pratiques avec lesquelles je me sens proche et dont les écrits sont assez peu diffusés en français. J’ai donc fait le choix de partager avec toi lecteureuse des textes et communiqués qui mettent en lumière (en partie) les propositions et critiques apportées par les « anarchistes de praxis » [1]. Pour moi, ielles proposent une nouvelles synthèse entre théorie et pratique, entre les moyens et les fins, entre raison et passion, entre l’individu-e révolté-e et le monde qui l’entoure. C’est une façon d’envisager l’anarchisme comme une pratique, qui affirme ou réaffirme des positions claires dans la lutte contre l’existant en insistant sur la nécessité de mettre en accord ses désirs et ses actes dans une perspectives immédiate notamment au travers de l’action. En développant une forme de conflictualité ouverte et permanente avec toutes les formes de pouvoir qu’elles soient individuelles et/ou institutionnelles, évidentes ou insidieuses. Ces groupes et individu-e-s font le choix de la critique par l’attaque, en infligeant un maximum de dégâts. En réaction à l’anarchisme insurrectionaliste « classique » partisan de l’anonymat, ielles communiquent sur leurs actions en leur donnant un sens particulier, en ouvrant un dialogue sur la théorie-pratique dans les milieux anti-autoritaires. C’est une proposition pour enterrer le passé, abolir le futur et vivre au présent une révolte sans entrave.

Cette façon de vivre l’insoumission fait écho à mes envies, mon parcours, en mettant des mots sur des émotions, des sensations, des critiques et des idées que j’ai souvent eu du mal a définir. C’est de là que j’écris ce texte, en cherchant à franchir les obstacles qui se dressent contre ma volonté de vivre passionnément mon désir de subversion.

 

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Libertarias Femmes Anarchistes Espagnoles

 

Indomptables, insoumises, rebelles, mères, ouvrières, paysannes, syndicalistes, combattantes et « guérillères », les libertaires espagnoles, depuis la fin du XIXe et tout au long du XXe siècle, n’ont cessé de clamer leur désir d’émancipation sociale en leur nom propre.

 

Si l’histoire retient surtout le rôle déterminant du groupe Mujeres Libres lors de la guerre civile et de la révolution de 1936-1939, cet ouvrage met l’accent sur la pluralité des formes de luttes et de récits de ces militantes qui témoignent d’une véritable spécificité de l’engagement des femmes anarchistes espagnoles.

Contre l’invisibilisation d’un combat ponctué par l’expérience des luttes, des guerres et de l’exil, il s’agit ici, à travers les trajectoires de Francisca Saperas, Ana Delso, Antonia Fontanillas Borras, Les Solidarias, Mujeres libres et bien d’autres, de reconstruire une mémoire collective au féminin, tout en soulignant le caractère transgénérationnel de l’anarchisme espagnol au sein duquel les femmes ont joué un rôle sans précédent.


Nous sommes ingouvernables

 

« Peut-être ne le savez-vous pas, mais les anarchistes sont très actifs au Québec », soutenait un chroniqueur du Journal de Montréal, au cours de la grande grève étudiante de 2012. Au-delà d’un phénomène spectaculaire associé au chaos, quelle est la véritable nature des activités de la nébuleuse anarchiste ? Et surtout, qui de mieux que des anarchistes pour l’expliquer ? Nous sommes ingouvernables constitue une réponse à plusieurs voix par des anarchistes qui militent dans divers réseaux. Cette mosaïque forme un portrait ouvert de ce qui fait le cœur et le corps du mouvement ­anarchiste aujourd’hui au Québec.

Nous sommes ingouvernables discute de mouvements ou d’organisations qui se revendiquent de l’anarchisme, mais aussi de plusieurs autres qui, sans nécessairement s’en réclamer, fonctionnent et agissent selon ses principes. L’ouvrage montre les anarchistes à l’œuvre dans différents milieux : étudiant, communautaire, écologiste, féministe, queer, antiraciste, etc. Il témoigne de leur solidarité avec les Autochtones ou avec le peuple palestinien, de leur engagement dans leurs quartiers. L’anarchisme au Québec se révèle être une véritable fourmilière, diversifiée, complexe, dynamique, une source d’inspiration pour quiconque souhaite démanteler notre société inégalitaire.


Vole - Donne - Nique

LA BROCHOURRE

 

Nous partons de ce constat simple : il n’y a plus d’intérieur et d’extérieur. La fuite est impossible, d’ailleurs elle ne nous intéresse pas. Nous, ce qu’on aime, ce sont les brèches, qu’on sculpte, qu’on taille dans la masse. On rit d’aller se péter le front sur les murs d’un monde hôpital, au carrelage blanc ou beige fade, éclairé au néon tungstène. Il s’impose à nous comme une brutale évidence, et nous considérons chacune de ses injonctions comme une manifestation de son expansion. Le voleur manigance, découpe les mailles du filet, pose des barricades pour défendre ses terrains de jeu. Parce qu’on a bouffé et qu’on bouffe encore de la pub tous les jours, parce que ces images subliminales qui sabotent notre imaginaire (à côté de l’impossibilité financière d’accéder aux trucs que la société industrielle pseudo-luxueuse nous brandit devant le pif) créent des frustrations. Sans toutefois écarter la nécessité de s’affranchir de ces faux besoins, on chourre pour desserrer les mâchoires. Avec en plus le luxe de ne pas recréer une frustration supplémentaire: celle qui te fait culpabiliser lorsque tu as dépensé compulsivement pour un achat absolument inutile.

 

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L'entraide un facteur de l’évolution

 

L’Entraide est le classique du prince anarchiste russe pierre Kropotkine, posant les fondements mêmes d’une éthique libertaire. Rédigé au dix-neuvième siècle, il s’attaque au darwinisme social qui montre que la société aussi est régie par les lois de l’évolution où seul le meilleur s’adapte et gagne la grande compétition de la vie sociale et économique. Kropotkine s’insurge contre cette vision réactionnaire de la vie en société où "l’homme est perçu comme un loup pour l’homme".

 

Dans le monde animal nous avons vu que la grande majorité des espèces vivent en société et qu’ils trouvent dans l’association leurs meilleures armes dans la lutte pour la survie : bien entendu et dans un sens ont darwinien, il ne s’agit pas simplement d’une lutte pour s’assurer des moyens de subsistance, mais d’une lutte contre les conditions naturelles défavorables aux espèces. Les espèces animales au sein desquelles la lutte individuelle a été réduite au minimum et où la pratique de l’aide mutuelle a atteint son plus grand développement sont invariablement plus nombreuses, plus prospères et les plus ouvertes au progrès.

 

La protection mutuelle obtenue dans ce cas, la possibilité d’atteindre un âge d’or et d’accumuler de l’expérience, le plus haut développement intellectuel et l’évolution positive des habitudes sociales, assurent le maintien des espèces. leur extension et leur évolution future. Les espèces asociales, au contraire, sont condamnées à s’éteindre.


 Le soleil se lèvera toujours ». Critique et diffusion pour une nouvelle guérilla urbaine armée.

 

L’organisation révolutionnaire, conspiration des cellules de feu n’est pas sortie de nulle part. Ce n’est pas comme si une ligne droite avait été tirée a travers l’espace et le temps.

 

C’est un futur ressurgissant du passé.

La conspiration comprenait une synthèse collective connectant vécus et points de vues de toutes les personnes y ayant pris part et tirant des conclusions valables des expériences des projets subversifs passés et des attaques auxquelles nous participions.

 

Cela représentait une étape supplémentaire dans nos désirs, non pas pour grimper une quelconque échelle de la hiérarchie informelle fétichisant la violence et ses méthodes, mais simplement pour avancer, aller de l’avant et explorer de nouvelles perspectives, faire la transition d’un groupe d’ami à une organisation, du spontané au stratégique.

 

Durant ce processus nous portions une position critique envers le passé, mais ne dévions jamais de notre route vers l’offensive. Nous sommes les inadaptés de l’anarchie, nées de ses moments forts comme de ses temps morts. De plus le but de la critique ainsi que de l’autocritique n’est pas de mettre fin à quelque chose mais exactement le contraire : c’est une aspiration à se renouveler.

 

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La horde d'or

 

Livre d’histoires et d’analyses politiques, compilation de documents, tracts, chansons, articles de revues ou manifestes, témoignages à la première personne et au jour le jour d’une révolte, devenue «transformation radicale de la vie quotidienne, utopie, besoin de communisme, révolution sexuelle, lutte armée, etc. », La horde d’or est un ouvrage de grande ampleur qui parcourt l’histoire politique italienne, depuis les prémisses des années 60 jusqu’à la fin des années 70, qui verront s’exténuer les espérances et les jubilations d’une génération « outrageusement » enthousiaste. Ouvrage transgenre ou transversal, La horde d’orpermet de combler un « manque d’histoire » de la fin du XXe siècle, et apporte une information de première main et de première importance sur dix années qui ébranlèrent non seulement l’Italie, mais également l’Europe, et dont l’actualité resurgit, près d’un demi-siècle plus tard, dans les mouvements et les luttes du jeune XXIe siècle, pour signifier l’inanité des réponses institutionnelles qui ont été apportées à la crise « créative, politique et existentielle » à laquelle nous sommes confrontés.


Ecologie en résistance : Stratégies pour une terre en péril vol 1 et 2.

 

Si vous vous intéressez aux trois questions suivantes, ce livre est pour vous : « Peut-on résister ? Pourquoi résister ? Comment résister ? ».

La civilisation industrielle est en train de détruire la Terre ; le nier, c’est subir la domination d’une idéologie dont l’ambition est d’annihiler le vivant ou de le réduire en esclavage. Ce recueil de discussions porte sur le changement de stratégie et de tactiques qui doit se produire si nous voulons construire une résistance efficace. Il y est question d’interposer nos corps et nos existences entre le système industriel et toute vie sur la planète. Il y est question de contre-attaque.


Nature le nouvel eldorado de la finance

La protection de l'environnement est un marché mondial juteux. On connaissait le business du " développement durable " et de la " croissance verte ". Mais on ignore souvent qu'un pas supplémentaire vient d'être franchi : désormais, terres, animaux et végétaux sont transformés en produits financiers. Cette enquête impressionnante raconte l'histoire de la mainmise sur les ressources vivantes à l'échelle planétaire, véritable entreprise de prédation.

La protection de l'environnement devient un marché particulièrement juteux. On connaît déjà le business du développement durable et de la croissance verte. Un pas supplémentaire est toutefois en passe d'être franchi : désormais, les terres, les forêts, les animaux et les végétaux sont transformés en produits bancaires et financiers. De fait, selon le vieil adage " tout ce qui est rare est cher ", les espèces vivantes en voie de disparition, les terres et les écosystèmes menacés prennent de la valeur. La nature devient alors un capital sur lequel il est possible de spéculer. 

Cette enquête raconte l'histoire de la mainmise économique et bancaire sur les ressources vivantes à l'échelle planétaire, une véritable entreprise de prédation. Elle révèle que des banques et des fonds d'investissement achètent aujourd'hui d'immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales en danger, partout dans le monde, pour les échanger sur des marchés. Elle dévoile également le rôle crucial des lobbies, qui s'activent auprès des institutions européennes et internationales pour favoriser le développement de cette branche financière du green business. Sandrine Feydel et Christophe Bonneuil nous conduisent en Ouganda, au Brésil, en Amazonie, aux États-Unis et en Malaisie, où des bio-banques " protègent " désormais des écosystèmes en danger. Ils décrivent les dangers auxquels se trouvent alors exposés les populations locales et leur environnement naturel. Ils montrent enfin que ce sont souvent les entreprises les plus destructrices de l'environnement, comme les industries minières et pétrolières, qui s'intéressent à ces marchés, et que les institutions financières responsables de la crise des subprimes en 2008 n'en ont décidément tiré aucune leçon et nous préparent un " krach vert "...


L'age des low tech

 

Face aux signaux alarmants de la crise globale – croissance en berne, tensions sur l'énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée – on cherche à nous rassurer. Les technologies " vertes " seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l'économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D.

Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l'impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les " basses technologies ". Il ne s'agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. S'il met à bas nos dernières illusions, c'est pour mieux explorer les voies possibles vers un système économique et industriel soutenable dans une planète finie.


Ravachol et les anarchistes.

 

Les documents que nous présentons ici n'ont nullement l'ambition de former un récit continu du mouvement anarchiste en France ni de fournir l'image complète de la doctirine et de l'action. Il suffira pourtant de les parcourir pour en constater l'intérêt : leur savoir, leur variété nous justifieront d'avoir préféré ici l'inédit au connu et sacrifié l'explication générale du phénomène anarchiste à quelques coups de projecteur limités mais essentiels.

Il nous a paru, en effet, que quelques textes - comme les curieux Mémoires de Ravachol ou de Garnier, un des " bandits tragiques " - des dossiers de police inédits et des correspondances privées - comme celle de Victor Serge - étaient dans leur crudité et leur continuité aussi éclairants que de longs commentaires et, surtout, portaient sur les hommes et leurs actes un témoignage d'une autre nature que l'analyse historique, qui méritait donc d'être entendu. D'où cette galerie d'hommes, d'actes, de témoignages que relie seulement un fil conducteur mais qui, de la Commune à la Grande Guerre, illustre les moments les plus marquants de la geste anarchiste. L'action militante, individuelle avec Ravachol, devient collective avec l'entrée des anarchistes dans les syndicats et les Bourses du Travail. Elle redevient individuelle et dégénère avec Bonnot et sa bande.

Aussi distinguerons-nous trois phases dans cette histoire : la propagande par le fait, l'anarcho-syndicalisme, l'illégalisme. C'est dans ce cadre que nous situerons nos documents.


TEMPS OBSCURS – Nationalisme et fascisme en France et en Europe.

 

L'objectif de cet ouvrage est de comprendre pourquoi l'extrême droite a fait ces dernières années un tonitruant retour au premier plan de la scène politique en Europe et particulièrement en France. Sa dynamique est-elle similaire au fascisme des années 1930 ? Après avoir étudié le fascisme historique, nous proposons d'analyser son renouveau idéologique, ainsi que son rapport au localisme et à l'international. 

Dans une perspective de synthèse, avec un langage simple et clair, cet ouvrage entend offrir une analyse matérialiste pensant en termes de classes sociales le nationalisme et l'extrême droite.


L'arme à l'oeil.

 

Automne 2014, un manifestant est tué par une grenade lancée par un gendarme à Sivens. L'armement de la police fait, pour la première fois, la une de l'actualité. Loin de susciter de réactions à la hauteur, ce drame est l'occasion pour le pouvoir de renforcer ses stratégies de maintien de l'ordre en faisant interdire et réprimer implacablement les mobilisations qui suivent. La mort de Rémi Fraisse n'est ni une « bavure », ni un accident. Elle est le produit d'une logique structurelle, qui s'inscrit dans un processus d'impunité généralisée et de militarisation de la police en germe depuis deux décennies.Sur fond d'hégémonie culturelle des idées sécuritaires, la police française se dote de nouvelles armes sous l'impulsion des gouvernements successifs : taser, grenades, flashballs, LBD. On tire à nouveau sur la foule. D'abord expérimentées dans les quartiers périphériques, puis contre les mobilisations incontrôlables, les armes de la police s'imposent aujourd'hui potentiellement contre tous. « En blesser un pour en terroriser mille », telle est la doctrine des armes de la police.Cet essai passe en revue l'armement de la police pour comprendre ce que les armes disent de notre temps, quelles sont les logiques politiques qu'elles suggèrent, au-delà des spécificités françaises d'un maintien de l'ordre présenté comme irréprochable. Pierre Douillard est blessé au visage lors d'une manifestation, par le tir d'une nouvelle arme de la police : les Lanceurs de Balles de Défense. Nous sommes en 2007, il a 16 ans. Depuis, il lutte aux côtés d'autres blessés contre la militarisation et l'impunité des forces de l'ordre. Aujourd'hui aspirant chercheur en sciences sociales, diplômé en histoire et sociologie et auteur d'un travail de recherche sur les politiques urbaines, il livre une analyse partielle et partiale du fonctionnement d'une institution toute-puissante : la police. Il a également contribué en tant que dessinateur à une Bande Dessinée collective, Les Désobéisseurs, Vide Cocagne, 2013


Maintenant.

 

Maintenant est un texte d’intervention. Il peut se lire comme un chapitre supplémentaire d’À nos amis, commandé au Comité Invisible par une actualité écartelée entre attentats, rhétorique antiterroriste, mouvement contre la loi « travaille !», répression féroce, fin de la sociale-démocratie et rumeurs de « guerre civile ». Maintenant vient à la suite d’un mouvement qui a vérifié l’essentiel des conjectures du Comité Invisible – détestation sans appel de la police, expérience et lassitude des AG, centralité du blocage, retour du thème de la Commune, dépassement de l’opposition entre radicaux et citoyens, refus de se laisser gouverner, etc. -, et au début d’une année dont l’enjeu sera, pour le pouvoir, de faire rentrer dans le cadre délabré de la politique classique, au prétexte d’une campagne présidentielle, tout ce qui, d’ores et déjà, la déborde, lui échappe et ne veut plus entendre parler d’elle. Maintenant propose une bifurcation, esquisse un autre chemin que l’étouffoir prescrit, avance une autre hypothèse que celle des élections : celle de la destitution. Une hypothèse où il est question de prise sur le monde et non de prise de pouvoir, de nouvelles formes de vie et non de nouvelle constitution, de désertion et de silence plutôt que de proclamations et de fracas. Où il est question d’un communisme inouï, aussi – un communisme plus fort que la métropole.


A nos amis 

 

À ceux pour qui la fin d’une civilisation n’est pas la fin du monde ;

À ceux qui voient l’insurrection comme une brèche, d’abord, dans le règne organisé de la bêtise, du mensonge et de la confusion ;

À ceux qui devinent, derrière l’épais brouillard de « la crise », un théâtre d’opérations, des manœuvres, des stratégies – et donc la possibilité d’une contre-attaque ;

À ceux qui portent des coups ;

À ceux qui guettent le moment propice ;

À ceux qui cherchent des complices ;

À ceux qui désertent ;

À ceux qui tiennent bon ;

À ceux qui s’organisent ;

À ceux qui veulent construire une force révolutionnaire, révolutionnaire parce que sensible ;

Cette modeste contribution à l’intelligence de ce temps.


L’insurrection qui vient 

 

Rien ne manque au triomphe de la civilisation.

Ni la terreur politique ni la misère affective.

Ni la stérilité universelle.

Le désert ne peut plus croître : il est partout.

Mais il peut encore s'approfondir.

Devant l'évidence de la catastrophe, il y a ceux qui s'indignent et ceux qui prennent acte, ceux qui dénoncent et ceux qui s'organisent.

 

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La révolution n'est pas une affaire de parti.

 

L’expé­rience his­to­ri­que nous apprend que tous les com­pro­mis conclus entre la révo­lu­tion et la contre-révo­lu­tion ne peu­vent pro­fi­ter qu’à cette der­nière. Toute poli­ti­que de com­pro­mis est une poli­ti­que de ban­que­route pour le mou­ve­ment révo­lu­tion­naire. Ce qui avait débuté comme un simple com­pro­mis avec la social-démo­cra­tie alle­mande a abouti à Hitler. Ce que Lénine jus­ti­fiait comme un com­pro­mis néces­saire a abouti à Staline. En diag­nos­ti­quant comme mala­die infan­tile du com­mu­nisme le refus révo­lu­tion­naire des com­pro­mis, Lénine souf­frait de la mala­die sénile de l’oppor­tu­nisme, du pseudo-com­mu­nisme.

 

Écrit en 1920, ce petit texte résume les posi­tions anti­par­le­men­ta­ris­tes de Rühle qui lui valu­rent son exclu­sion du KAPD. Il y plaide pour une action ouvrière radi­cale et décen­tra­li­sée, en rup­ture avec toute forme de parti. Le texte est com­plété par La lutte contre le fas­cisme com­mence par la lutte contre le bol­che­visme, une cri­ti­que viru­lente de toutes les ten­dan­ces du léni­nisme, écrite ini­tia­le­ment en 1939, mais publiée pour la pre­mière fois seu­le­ment en 1971, 28 ans après la mort de l’auteur. Rühle y affirme que la lutte contre tout auto­ri­ta­risme à l’inté­rieur du mou­ve­ment ouvrier est tout aussi impor­tante que la lutte contre le fas­cisme. Ces deux textes sont accompagnés d’une introduction de Paul Mattick.

 

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